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Dar Maalma - NAJAT SOUHAIL

La mère de Najati

La mère de Najati

Depuis 2008, Najat Souhail m'est toujours apparue la même : élancée, élégante et raffinée. Sa voix douce porte une lumière sereine, et ses yeux brillent d'une clarté apaisante. Son histoire est celle d'une femme profondément ancrée dans son identité marocaine, façonnée par le parfum du henné et la fragrance du thé à la menthe, sous les grandes arcades du quartier des Houbous à Casablanca. Dans cette maison, vivante de tradition, sa grand-mère lui a confié l'art de la broderie, comme on transmet une flamme sacrée.

Mais à quinze ans, la mort de son père a brisé son monde tranquille. Elle a quitté Casablanca pour Safi, une ville côtière de l'Atlantique plus au sud, et a abandonné ses études. Derrière le bureau de la Préfecture, ses journées s'écoulaient dans la paperasse, tandis que ses soirées étaient remplies de fil et d'aiguille, soutenant sa famille et offrant à ses frères et sœurs l'avenir qu'elle s'était refusé.

À vingt-quatre ans, Najat épousa un homme déjà père de trois enfants. Elle les éleva avec tendresse, renonçant à la maternité pour se consacrer à cette nouvelle famille. Pourtant, le destin la trahit encore une fois, brisant son cœur. Ainsi, Najat choisit de transformer la douleur en création.

Dans la solitude de ses nuits, elle imaginait les « poupées Najati », silhouettes marocaines aux cheveux teintés de henné, vêtues de caftans raffinés. Ces poupées devenaient son arme douce contre l'oubli, son cri silencieux contre les difficultés. Dans chacune d'elles, Najat plaçait un fragment de son âme lumineuse, raffinée et déterminée, sa force révélée dans chaque sourire.

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